Réflexions spirituelles

Servir et sauver

By juillet 25, 2020 No Comments

Erton Köhler, Brasilia, Brasil / Adventist World

Un jour, un dirigeant local confronté à des difficultés dans sa congrégation m’a dit : « La mission unit les gens. » En effet, dès que les membres ont mis leurs énergies dans des projets missionnaires, tous leurs problèmes sont devenus insignifiants.

La mission comporte une bénédiction spéciale. Ce n’est pas une découverte récente, ni le résultat de quelque stratégie nouvelle. C’est le message de la Bible, et la focalisation d’un ministère de 70 ans qui a abouti à 100 000 pages manuscrites qu’Ellen G. White nous a laissées à sa mort.

Ces messages inspirés aident encore l’Église à se souvenir que tout ce que nous possédons et tout ce que nous sommes devrait être utilisé pour préparer nos semblables à rencontrer leur Seigneur. Les écrits d’Ellen White suggèrent un modèle de mission pour l’Église compris dans les 10 concepts suivants.

CE QUE FAIT LA MISSION

La mission confirme la raison d’être de notre mouvement. Nous sommes une extension moderne du ministère de Christ, lequel consiste à « chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19.10).

Ellen White a écrit : « En un sens tout particulier, les adventistes ont été suscités pour être des sentinelles et des porte-lumière. Le dernier avertissement pour un monde qui périt leur a été confié. […] Aucune œuvre ne peut lui être comparée. Rien ne doit en détourner notre attention (1). »

La mission exalte Jésus. « De tous les chrétiens, les adventistes du septième jour devraient être les premiers à prêcher le Christ au monde (2) », a écrit Ellen White. Notre structure, notre message, et notre mission nous rappellent que « c’est d’elle [la croix] que viennent toutes nos espérances » (3). Plus tard, elle a ajouté : « Seuls les efforts accompagnés de beaucoup de prières et sanctifiés par les mérites du Christ serviront, d’une manière durable, la bonne cause (4). »

La mission est directement liée à notre identité. La qualité de notre identité définit l’intensité de notre mission. Pour Ellen White, l’implication totale des membres est un impératif de la fin des temps : « Nous vivons à une époque toute parti- culière de l’histoire du monde. Une grande œuvre doit s’accomplir en très peu de temps, et il faut que chaque chrétien contribue à la soutenir (5). »

COMMENT LA MISSION AGIT

La mission devrait être notre priorité. « Ceux qui ont la direction spirituelle de l’Église devraient faire les plans nécessaires afin de donner l’occasion à chaque membre d’église d’avoir une part dans l’œuvre de Dieu (6). » Lorsque Ellen White a remarqué que certains pasteurs se contentaient de prendre soin de leur congrégation plutôt que de former et d’impliquer les membres, elle a écrit : « Chaque église doit être une école de travailleurs chrétiens (7). » Elle a aussi appelé les dirigeants à mettre en priorité la mission en atteignant de nouveaux territoires, les zones urbaines, et toutes les classes de gens.

La mission exige de la bravoure. « Dieu veut des hommes qui n’hésitent pas à prendre tous les risques possibles pour sauver les âmes (8) », a-t-elle déclaré, parce qu’il « ne veut pas que le plan magnifique qu’il a conçu pour le salut des hommes ne produise que des résultats insignifiants » (9). Elle a encouragé les croyants à planifier de manière audacieuse et créative.

La mission implique tous les croyants. Pour Ellen White, tous les croyants – hommes, femmes, et enfants – ont un rôle pour faire briller la lumière divine dans le monde. Pour elle, le contact personnel est l’un des moyens les plus efficaces d’atteindre les gens avec la puissance salvatrice de l’Évangile. « L’influence personnelle est une puissance. Il faut que nous nous approchions tout près de ceux auxquels nous désirons faire du bien (10). » Les jeunes, a-t-elle martelé, sont une force puissante pour refléter l’amour de Dieu : « Convenable- ment entraînée, notre jeunesse pourrait fournir une armée d’ouvriers capables de porter au monde entier, avec une rapidité inouïe, le message d’un Sauveur qui a été crucifié, qui est ressuscité, et qui revient bientôt (11). »

La mission intègre tous les aspects de l’Église. Bien que beaucoup de choses nous divisent en tant qu’Église, la mission efficace, elle, a le potentiel de nous unir. Ellen White nous exhorte à mettre de côté nos intérêts personnels et régionaux afin que la mission devienne une priorité dans chaque activité chrétienne. Sa vision, c’est que l’Église imite l’exemple de l’Église chrétienne primitive, que ses membres coopèrent les uns avec les autres et qu’ils fassent « tous ensemble avancer l’œuvre de Dieu jusqu’à son achèvement » (12).

La mission équilibre l’action sociale et la vision mondiale. Au cours des trois premières décennies après 1844, nos pionniers n’accordèrent que peu d’attention à la mission en dehors de l’Amérique du Nord. Mais Ellen White a encouragé l’équilibre entre « les missions locales » et « les missions étrangères ». Elle a consacré personnellement 11 années de sa vie à servir en Europe et en Australie, confirmant ainsi la responsabilité de toute l’Église d’atteindre le monde entier.

« L’œuvre missionnaire dans nos pays progressera en tous points lorsqu’un esprit de libéralité, d’oubli de soi et de sacrifice se sera manifesté en faveur des missions étrangères ; car la prospérité de l’œuvre dans nos pays dépend largement, sous la direction de Dieu, de l’intérêt que nous portons aux efforts d’évangélisation accomplis dans les pays lointains (13) », a-t-elle déclaré.

La mission présente la vérité sans ériger des barrières. Ellen White reconnaissait que parfois, dans leur zèle, les croyants peuvent être durs et inflexibles. Voici, à ce sujet, son exhortation : « Le Seigneur désire que son peuple suive d’autres méthodes que celle qui consiste à condamner l’erreur, même si cette condamnation est justifiée (14). »

Elle a plutôt suggéré de s’approcher des gens et d’œuvrer avec amour en leur faveur. Elle a même recommandé de créer des centres de « sainte influence ».

La mission suit l’exemple du Christ. Ellen White a été claire au sujet des méthodes les plus efficaces pour apporter l’Évangile à nos semblables. Voici ses propos : « La méthode du Christ pour sauver les âmes est la seule qui réussisse. Il se mêlait aux hommes pour leur faire du bien, leur témoignant sa sympathie, les soulageant et gagnant leur confiance. Puis il leur disait : “Suivez-moi (15).” »

TROUVER L’ÉQUILIBRE

Il faut un équilibre dans la mission adventiste : servir et sauver. Si nous nous contentons seulement de servir, nous ne sommes ni plus ni moins qu’une agence humanitaire. Et si nous n’offrons que la lettre froide du salut, nous risquons d’être inefficaces et sans intérêt.

Il faut non seulement ouvrir nos bras pour répondre aux besoins physiques de ceux qui nous entourent, mais aussi élever nos voix pour annoncer le retour de Jésus.

La messagère du Seigneur nous révèle ce qui est en jeu : « Chaque jour se ferme, sur un être humain, la porte du salut. À chaque heure se ferme, sur des âmes, la porte de la miséricorde. Où sont les voix qui avertissent, qui supplient le pécheur d’éviter l’affreux sort qui l’attend ? Où sont les mains tendues pour l’arra- cher à la mort ? Où sont ceux qui, en paroles brûlantes d’humilité et de foi persévérante, plaident devant Dieu en faveur de l’homme perdu16 ? »

Puissions-nous dire avec le prophète Ésaïe : « Me voici, envoie-moi » (Es 6.8) !


(1) Ellen G. White, Témoignages pour l’Église, vol. 3, p. 344.

(2) Idem., Le ministère évangélique, p. 150.

(3) Idem. Conquérant pacifiques, p. 186.

(4) Idem., Jésus-Christ, p. 354.

(5) Idem., Témoignages pour l’Église, vol. 3, p. 411.

(6) Idem., Le ministère évangélique, p. 343.

(7) Idem., Le ministère de la guérison, p. 123.

(8) Idem., Évangéliser, p. 64.

(9) Idem., Jésus-Christ, p. 669.

(10) Idem., Heureux ceux qui, p. 36.

(11) Idem., Messages à la jeunesse, p. 5.

(12) Idem. Conquérant pacifiques, p. 242.

(13) Idem., Testimonies for the Church, Mountain Viewm Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1948, vol. 6, p. 27.

(14) Idem., Le ministère évangélique, p. 364.

(15) Idem., Le ministère de la guérison, p. 118.

(16) Idem., Patriarchs and Prophets, Mountain Viewm Calif., Pacific Press Pub. Assn., 1890, 1908, p. 140.


Erton Köhler est le président de la Division sud-américaine de l’Église adventiste du septième jour.

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