FamilleFemmesSanté

L’alcool et la grossesse

Peter N. Landless & Zeno L. Charles-Marcel, Maryland, USA / Adventist World

Est-il dangereux pour le père, comme pour la mère, de boire de l’alcool ?

Question : Je suis une femme âgée de 30 ans. Mon mari et moi planifions une famille. Il me dit que je ne dois pas consommer d’alcool pendant ma grossesse. Nous buvons rarement de l’alcool chez nous, mais mon mari prend de temps en temps un verre avec ses amis. Sa consommation d’alcool représente-t-elle également un danger pour notre futur bébé ? 

L’alcool est un agent tératogène connu, ce qui veut dire qu’il peut causer et cause des anomalies chez le bébé dans l’utérus. On sait depuis longtemps que la consommation maternelle d’alcool est clairement associée au trouble du spectre de l’alcoolisation fœtale (TSAF). Les bébés atteints du TSAF ont des anomalies congénitales ; une croissance ralentie (retardée) ; des troubles mentaux, comportementaux et d’apprentissage. Ils peuvent aussi présenter des traits faciaux caractéristiques.

Environ 25 pour cent des enfants atteints du TSAF ont des malformations cardiaques congénitales (MCC) – une confirmation que l’alcool en est la cause. Les troubles mentaux et comportementaux deviennent plus apparents au fur et à mesure de la croissance et du développement de l’enfant. Au départ, on pensait que ces MCC étaient uniquement liées à la consommation d’alcool de la mère. L’année dernière (2019), cependant, une vaste analyse de données a été réalisée pour déterminer si le modèle de consommation d’alcool du père (paternel) pouvait être lié à un risque accru de MCC. Il s’agissait d’une méta-analyse où l’on a examiné les données combinées (mises en commun) d’importantes études. En ce qui concerne les MCC et l’exposition des parents à l’alcool, les données utilisées ont été tirées d’importantes bases de données scientifiques en Chine, en Europe, et aux États-Unis. Le nombre de sujets (individus) analysés comprenait 41 747 buveurs et 297 587 témoins (non-buveurs). Cette étude a été publiée dans le European Journal of Preventive Cardiology*.

L’une des principales conclusions est que la consommation d’alcool par le père augmente considérablement le risque d’anomalies cardiaques congénitales pour le nouveau-né. On pense que l’alcool endommage l’ADN et l’ARN dans le sperme. Cet effet augmente en proportion de la quantité d’alcool consommé. Pour réduire les risques d’apparition de MCC au niveau de ceux des non-buveurs, un homme doit arrêter de boire un certain nombre de mois avant la conception. Il s’agit là de données intéressantes et importantes.

Les réponses à vos questions sont, par conséquent, « oui », et « oui » ! Oui, les données montrent qu’il existe des dangers pour votre bébé si votre mari consomme de l’alcool jusqu’à trois mois avant la conception. Et oui, il existe aussi des dangers supplémentaires pour votre bébé et votre enfant à mesure que le temps passe, liés à tous les problèmes concernant la consommation d’alcool en général chez les hommes – mais aussi chez les femmes.

À l’échelle mondiale, l’alcool tue plus de 3 millions de gens chaque année, et est responsable de 5 pour cent du fardeau mondial de la maladie. Ceci explique pourquoi il y a autant d’orphelins et de veuves. L’alcool est un tératogène connu (augmente le risque de malformations congénitales). C’est aussi un cancérigène connu (agent causant le cancer).

Il n’existe pas de niveau sûr de consommation d’alcool. L’alcool crée une dépendance et est associé aux accidents, aux noyades, au crime, à la violence conjugale, et à de nombreuses maladies. Presque aucun système d’organes n’échappe aux dangers de la consommation d’alcool, y compris le cerveau – siège de la raison et du choix. Enfin, la raison impérieuse d’éviter l’alcool est de garder notre esprit clair et sensible à l’action du Saint-Esprit. En ceci, comme pour beaucoup d’autres décisions en matière de santé, la prévention (l’abstinence d’alcool) est le remède.


* Senmao Zhang, Lesan Wang, Tubao Wang, et coll., « Parental Alcohol Consumption and the Risk of Congenital Heart Diseases in Offspring: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis », European Journal of Preventive Cardiology, journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/2047487319874530?journalCode=cprc.


Peter N. Landless est cardiologue spécialisé en cardiologie nucléaire, et directeur du Ministère de la santé de la Conférence générale.

Zeno L. Charles-Marcel, M.D., est directeur adjoint du Ministère de la santé de la Conférence générale.

Communications UFB

Author Communications UFB

More posts by Communications UFB

Leave a Reply