FamilleRéflexions spirituelles

Je veux plaider pour la vie

By février 10, 2020 No Comments

Avez-vous été indigné dernièrement ?

C’est plutôt difficile de suivre les nouvelles et les sources d’information des médias sociaux, quelles qu’elles soient, sans être bombardé de commentaires furieux venant de gens indignés. Bien entendu, il y a une raison pour ça – plus on exprime son indignation, plus il y a de clics et de partages. Malheureusement, cette indignation furieuse se transforme rapidement en une spirale d’injures, et pire encore. Pendant tout ce temps, nos mondes rétrécissent alors que nous écoutons nos propres échos renforçant notre indignation. Nous apprenons à parler les uns des autres et pas les uns aux autres. Et alors que nous pouvons avoir l’impression que notre considération morale élevée se renforce, nous perdons la capacité de raisonner de cause à effet, de voir l’ensemble du tableau.

S’il est une question qui entraîne l’indignation – peut-être même dans un monde qui affiche davantage que sa juste part d’indignation – c’est bien l’avortement. Pour certains, ce mot s’associe immédiatement aux bébés, au meurtre, aux systèmes médicaux cupides, aux individus égoïstes qui veulent vivre de façon immorale tout en fuyant les conséquences. Pour d’autres, le même mot évoque une histoire épouvantable de jeunes femmes – dont certaines sont à peine sorties de l’enfance – utilisées et maltraitées, puis livrées à la douleur et à la honte d’une grossesse indésirée. Démunies, seules, et stigmatisées pour la vie qui ne leur offre rien, elles n’ont aucune voix, aucun choix. Pour d’autres encore, l’avortement rappelle immédiatement un affreux secret qu’elles veulent oublier – un secret qu’elles ont porté depuis des années, une douleur sourde que le temps ne guérira pas, un « Et si » qui a laissé de profondes cicatrices sur l’âme.

CHANGEONS DE TON

Dans ce monde au bruit confus de gens furieux qui crient, je veux être différente – je veux plaider non une cause ou un droit. Je ne veux même pas avoir raison. Je désire simplement plaider pour la vie.

Je veux sortir du bruit et dire que je sais par expérience que la vie peut être difficile et extrêmement compliquée. Je ne veux pas vous condamner ou essayer d’être votre conscience – je veux être votre amie. Je veux que vous sachiez que je crois en un créateur qui a partagé son don de la vie avec nous. Je veux que vous sachiez que la vie peut être belle, même si elle est difficile ici-bas, et qu’il y a une vie de loin meilleure et abondante qui peut se prolonger jusque dans l’éternité.

Je veux plaider pour la vie, oui, la vie de l’enfant qui n’est pas encore né, la vie de celui qui est né, la vie des filles et des femmes, des garçons et des hommes, des hommes âgés et des femmes âgées. Je veux que chacun d’entre eux ait individuellement une possibilité d’étreindre la vie – et pas seulement de survivre. Je veux que chacun d’eux sache que dans son plan, Dieu nous a destinés à prospérer. Je veux plaider pour la vie en répandant l’espoir, et non en étant indignée. L’espoir, plutôt que de me donner une vision étroite qui divisera mon monde en deux camps – amis et ennemis – me donnera des ailes. Alors que je vous soutiens, je serai capable d’écouter et d’apprendre, parce qu’au bout du compte, qui que vous soyez et où que vous vous trouviez, par choix ou par circonstance, je veux vous présenter « le chemin, la vérité, et la vie » (Jn 14.6).

Alors que je plaide pour la vie, je me rends compte que c’est une tâche à vie. Pour moi, ce n’est pas brandir une pancarte quelque part ou écrire mes commentaires dans toutes les capsules sur toutes les sources d’information des médias sociaux des autres. Ce n’est pas m’investir dans des ordres du jour politiques. Pour moi, plaider pour la vie consiste d’abord à me brancher sincèrement sur la source de la vie par la prière et l’étude de la Bible, où je demande à Dieu de me donner la capacité de m’approprier personnellement cette « vie abondante » qu’il offre.

C’est, ensuite, plaider pour la vie chez moi. Je veux que mon mariage et mon foyer reflètent un amour engagé à un point tel qu’avec et sans paroles, mes enfants comprendront et choisiront d’étreindre le don et la responsabilité de la vie. Je veux qu’ils grandissent avec des souvenirs heureux et sains, avec des modèles efficaces qui peuvent les aider à faire des choix éclairés. Je prie pour qu’ils choisissent d’attendre de faire un mariage d’amour avant d’exercer le privilège de participer à la création de la vie. Et même s’ils font des choix différents ou des erreurs, je les aimerai quand même, je désirerai toujours faire partie positive de leur vie.

AU-DELÀ DE CHEZ MOI

Plaider pour la vie devra aller au-delà de chez moi. Dans ce monde où le désespoir nous environne, je me garderai bien de faire en sorte que les autres se sentent coupables. Le fait que tant de gens essaient désespérément de normaliser des habitudes et des modes de vie qui détruisent la vie en dit long sur leur besoin de combler leur vide intérieur. Si donc il doit y avoir jugement, il faudra que ça commence par moi.

Est-ce que je détruis ma qualité de vie et même raccourcis ma vie par de mauvais choix en matière de mode de vie ? Suis-je dépendante de quelque chose – de quelque chose que je refuse d’abandonner ? Et mes paroles ? Favorisent-elles la vie, ou détruisent- elles des réputations et l’espoir ?

Plaider pour la vie, c’est comme jeter un caillou dans un lac – les ondulations ne cessent de s’étendre. Cela va rapidement au-delà de la théorie pour se mettre en pratique dans mon église et ma collectivité. Cela m’amène à me poser des questions concrètes : Comment puis-je me lier d’amitié avec des enfants et des jeunes issus de foyers et de contextes brisés ? Comment puis-je les encourager ? Comment puis-je aider de façon pratique les mères célibataires que je connais ? Et les garçons ? Suis-je capable de soutenir un programme de mentorat solide qui leur serve de modèle et leur montre ce qu’est un homme pieux ? Que puis-je faire pour contribuer à endiguer le flot de pornographie qui menace d’annihiler les relations et l’intimité ?

Suis-je toujours une bonne avocate de la vie ? Non. Je m’en remets parfois à des réponses soigneusement ficelées qui m’évitent la complication de l’implication. Mais encore une fois, maintenant, je veux m’engager à défendre la vie – pas seulement une tranche de vie, pas seulement le début de la vie, ou un moment de la vie. Après tout, c’est le moins que je puisse faire en tant que disciple du « chemin, [de] la vérité, et [de] la vie ».


Chantal J. Klingbeil est directrice adjointe du Ellen G. White Estate. Elle vit avec sa famille à Silver Spring, au Maryland (États-Unis). Article publié dans la revue Adventist World Février 2020.

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