Réflexions spirituelles

Entre l’idéal et la réalité

Gerald A. Klingbeil est rédacteur adjoint de Adventist World / Adventist World Mars 2020

Au commencement, les choses étaient tellement faciles ! Adam et Ève devaient prendre soin de la terre et du jardin dans lequel Dieu les avait établis. Puisqu’ils avaient été créés à l’image et à la ressemblance de Dieu, ils étaient censés refléter la bonté du Créateur, sa sainteté, et finalement, son caractère à toute la création environnante.

Ceci, hélas, ne se produisit jamais. Le péché sépara l’humanité de Dieu. La chute fit entrer dans ce monde la souffrance, la mort, la maltraitance, la jalousie, la violence, la soif de pouvoir, la domination, et tant d’autres attitudes mauvaises. Les descendants d’Adam et d’Ève devinrent eux-mêmes leurs propres ennemis.

Heureusement, Dieu disposait d’un plan pour ramener ses enfants perdus dans le jardin. Il appela un peuple à lui appartenir et à faire luire sa lumière dans un monde ténébreux (Es 49.6). Il lui donna des signes et des illustrations de son plan du salut (pensez, par exemple, au sabbat ou au sanctuaire). Ses lois reflétaient son caractère et illustraient les valeurs de son royaume de façons pratiques. Elles lui expliquaient comment les enfants devaient se comporter envers leurs parents et vice versa ; comment la fidélité est gage d’un mariage heureux ; comment le meurtre, le vol, le commérage, et la convoitise sont destructifs pour n’importe quel tissu social. Dieu les exhorta à prendre soin des veuves, des orphelins, des étrangers, des démunis, et d’administrer la justice avec équité. Deutéronome 10.12-22 nous donne un bon résumé de ces principes de la loi divine (voir aussi Ex 22.16-31).

La réalité, cependant, fut tout autre dans l’Israël biblique. Pendant des centaines d’années, les prophètes d’Israël dénoncèrent la maltraitance et le comportement contraire à l’éthique. « Ses chefs [ceux de Juda] jugent pour des présents, ses sacrificateurs enseignent pour un salaire, et ses prophètes prédisent pour de l’argent ; et ils osent s’appuyer sur l’Éternel, ils disent : L’Éternel n’est-il pas au milieu de nous ? Le malheur ne nous atteindra pas. » (Mi 3.11) À maintes reprises, Dieu dénonça par la bouche de ses prophètes les attitudes et les actes répréhensibles de son peuple. « Si vous réformez vos voies et vos œuvres, si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve, si vous ne répandez pas en ce lieu le sang innocent, et si vous n’allez pas après d’autres dieux, pour votre malheur, alors je vous laisserai demeurer dans ce lieu, dans le pays que j’ai donné à vos pères, d’éternité en éternité. » (Jr 7.5-7)

Bien que Israël fût clairement aux prises avec l’idolâtrie (voir 1 R 12.25-33 ; 16.29-33, etc.), les accusations les plus fréquentes de Dieu impliquaient surtout leurs erreurs
sur le plan moral et la mentalité suggérant que des tas de sacrifices sauraient compenser un comportement contraire à l’éthique (Os 6.4-6 ; Mi 6.6-8). Le Dieu des Écritures ne peut être manipulé par un étalage d’actes religieux ou de dons généreux. Écoutez l’urgence de sa voix se répercutant directement dans le 21e siècle : « Je hais, je méprise vos fêtes, je ne puis sentir vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je n’y prends aucun plaisir ; et les veaux engraissés que vous sacrifiez en actions de grâces, je ne les regarde pas. Éloigne de moi le bruit de tes cantiques ; je n’écoute pas le son de tes luths. Mais que la droiture soit comme un courant d’eau, et la justice comme un torrent qui jamais ne tarit. » (Am 5.21-24)

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